Chez Criteo, l’heure n’est pas à la rigolade. En effet, le 14 janvier passé, le géant Google a fait une annonce officielle sur son intention de supprimer de son navigateur Chrome, les « third-party cookies ». Cette annonce qui concerne deux tiers des internautes, ne fait pas véritablement les affaires de Criteo qui est spécialisé dans le reciblage publicitaire sur internet. La société française a d’ailleurs vu son action en bourse baisser considérablement, atteignant 15,9 us$ après l’annonce de Google.

Cette volonté de suppression fait partie intégrante du programme de Google intitulé « Sandbox Privacy ». Lancé en août 2019, le programme prévoit d’appliquer la suppression sur une période de deux ans. Ledit programme prévoit également la mise en place d’une nouvelle API, qui mettra fin au ciblage individuel perçu comme une violation de la vie privée des internautes.

CRITEO DANS LE CREUX DE LA VAGUE

Cette situation n’est pas inédite pour Criteo. La société avait déjà essuyé une baisse de 20 % en 2018, et ceci, du fait d’une autre annonce de Google. Celle-là, était en rapport avec des possibilités de restrictions dans la manière de gestion des publicités tierce sur Chrome. Le même problème s’était déjà produit en 2017, quand Apple avait choisi de limiter les cookies sur Safari.

Criteo a logiquement eu du mal à rassurer les investisseurs qui connaissent la société comme étant spécialisée en « dynamic retargeting », une partie du marketing publicitaire qui fonctionne grâce à l’usage des cookies tiers. Les cookies tiers, fonctionnent comme des traceurs qui s’implantent dans l’ordinateur des internautes afin de générer des profils utilisateurs.

Anticipant la situation actuelle, la société s’est lancée, depuis deux ans, dans le marketing de commerce en ligne et la publicité sur les applis mobiles. Une stratégie de diversification qui a plutôt bien fonctionné, vu les 11 % occupés par ces nouvelles activités, dans les chiffres d’affaires de l’entreprise au troisième trimestre 2019. La prise de fonction de Megan Clarken à la tête de la société devrait même marquer une étape décisive dans ce changement de stratégie.

Dans le même temps, Criteo a engagé un bras de fer judiciaire avec Facebook. Et ceci, parce que la société estime que le programme d’exclusion de Facebook, des entreprises tierces de sa plateforme, est un acte qu’elle juge déloyal.

GOOGLE À LA RECHERCHE D’ALTERNATIVES VIABLES

Par contre, Google ne compte pas faire comme Firefox et Safari, en supprimant totalement les cookies tiers. Selon les dires de Justin Schuh, directeur Ingénierie de Chrome, une décision aussi radicale aurait de grosses conséquences sur les internautes. Il pense que la suppression totale des cookies tiers pourrait amener les annonceurs à faire appel à des techniques plus radicales afin de continuer leur collecte d’informations.

La volonté de Google est désormais de mettre sur pied, des technologies nouvelles qui permettent de renseigner les annonceurs sur les informations pertinentes en rapport avec la personnalité des internautes, tout en évitant de divulguer des informations sur leur vie privée.

Les premières expérimentations sont prévues pour la prochaine année. Et Google espère que celles-ci seront concluantes. Il faut également souligner le fait que Google est une société qui tire la majorité de ses revenus de la publicité en ligne. Les observateurs pensent que Google fera tout, pour ne pas être pénalisé par les changements qu’il compte opérer.

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