Les adblockers sont plébiscités par les internautes. Sans nécessiter de compétence informatique particulière, ils s’installent facilement sur tous les types de supports. Conçus à l’origine pour faciliter la navigation face aux campagnes publicitaires les plus intrusives, ces logiciels sont devenus un véritable enjeu quant au modèle économique développé sur la toile, basé sur les recettes issues des contenus publicitaires.

Les adblockers sont des extensions logicielles

Les adblockers sont en réalité des extensions que l’on peut ajouter à son navigateur internet. On peut les télécharger depuis le site des éditeurs qui les proposent mais aussi via les magasins d’extensions proposés nativement depuis les navigateurs web eux-mêmes. En deux clics de souris, il est donc possible d’installer un bloqueur de publicité. Non intrusif, il est également possible de l’activer ou le désactiver rapidement depuis la barre d’adresse où seul le discret logo de l’application rappelle sa présence. Paramétrable, il permet d’enregistrer une liste d’adresse pour lesquelles l’internaute préfère ne filtrer aucun contenu.

Une technologie de plus en plus efficace

Bien qu’ils ne soient pas nouveaux, les adblockers font un retour en force et tendent à séduire de plus en plus d’utilisateurs. La raison principale de ce retour tient avant tout aux progrès considérables effectués sur les algorithmes de reconnaissance des publicités, et l’amélioration de l’intégration des extensions au sein des navigateurs.

Au contraire des versions plus anciennes, les applications de la dernière génération ont perfectionné le ciblage d’une part mais aussi la qualité d’affichage des pages, même lorsque les publicités y sont codées directement. Avec en plus un temps de chargement très efficace, la satisfaction des utilisateurs, de plus en plus nombreux est au rendez-vous.
En outre, les adblockers se déclinent sur la plupart des supports, et notamment en ce qui concerne la navigation sur smartphone. Sur ces derniers, ils agissent efficacement sur les navigateurs, mais aussi pour certaines sur les apparitions publicitaires internes aux applications.

La question du financement des créateurs de contenu

Si les utilisateurs d’adblockers semblent satisfaits de la disparition des publicités sur leurs écrans, les créateurs de sites internet craignent à terme de voir aussi leur modèle économique disparaître. En effet, si tout semble gratuit sur internet, il ne faut pas oublier que le financement des différents acteurs provient pour la majorité de ces contenus publicitaires, pour lesquels il sont rémunérés à l’affichage, au clic, et à la conversion. Le risque de voir disparaître la principale source de revenus fait craindre le pire jusqu’aux plus grandes entreprises qui règnent en maîtres sur le net.

Ainsi, Google a décidé de frapper fort en limitant drastiquement les possibilités des adblockers dans les prochaines versions de son navigateur en les privant de leurs facultés à extraire automatiquement les informations nécessaires. Les développeurs des adblockers ne resteront sans doute pas au tapis, ayant déjà démontré leur capacité d’adaptation comme lorsque les contenus publicitaires évoluèrent eux-aussi.

Les logiciels adblockers sont nés peu après la naissance de la publicité en ligne contre qui elle mène un combat qui semble sans fin. Évoluant rapidement, et séduisant un public de plus en plus nombreux, ils obligent les éditeurs de contenus à faire preuve d’inventivité dans la diffusion des contenus rémunérés, souvent la seule source de revenus des créateurs. On a vu ainsi apparaître des articles sponsorisés, ou des encarts de sites marchands un peu partout sur le web, plus agréables que les pop-ups bruyants et gênants. Faciles, gratuits et rapides à installer, les adblockers sont désormais bien répandus jusqu’à faire craindre aux plus grands un bouleversement de l’écosystème du web actuel, fondé sur la gratuité.